La Palestine : 67 ans d’injustice

L’Occident fête aujourd’hui les 67 ans de la création d’Israël sur la terre de Palestine. Au même moment, le monde Arabe et Musulman se rappelle avec tristesse les douleurs de la perte de cette terre, car en effet, en ce même jour (le 15 mai 1948) eut lieu la « nakba ».

La création de cette entité ne fut pas une surprise. Ce fut le fruit d’une action minutieusement étudiée et planifiée par le mouvement sioniste, cinquante ans ou plus auparavant ; depuis la fondation de l’organisation sioniste mondiale par Theodor Herzl qui a exposé dans son livre « l’Etat des juifs » (le titre traduit en français est devenu « l’Etat juif ») les trois principes fondamentaux du sionisme que sont : l’existence d’un peuple juif ; l’impossibilité de son assimilation par d’autres peuples ; d’où la nécessité de créer un Etat particulier qui prenne en charge le destin de ce peuple. Herzl présida le congrès de Bâle, en suisse, en 1897 et annonça que l’Etat juif verra le jour après cinquante ans. Et en effet, l’Etat juif fut créé cinquante et un ans après.

Au début, Herzl essaya de choisir un pays autre que la Palestine. La Palestine n’était pas la première option. Au début, il était question de pays d’Afrique ou d’Amérique latine : le Mozambique, le Congo, Ouganda, Chypre ou encore l’Argentine.

Mais les juifs à travers le monde n’accordèrent aucun intérêt à ce projet car ils étaient bien installés dans leurs pays et ne voulaient pas quitter ces pays.

Aussi, on pensa à introduire au projet sioniste un facteur religieux afin d’exciter les sentiments et d’aviver la nostalgie des juifs envers la Palestine et les souvenirs historiques des juifs en Palestine. Et en effet, le congrès sioniste de 1905 adopta l’idée de « la terre promise ». Ce fut un an après la mort de Herzl.

La colonisation britannique a bien sûr contribué activement à la création d’Israël, en particulier après le début de la première guerre mondiale en 1914, lorsque certains sionistes ont proposé des services aux britanniques, en particulier, le célèbre chimiste Haïm Weizmann qui leur proposa des substances explosives contre l’installation d’un foyer national juif en Palestine.

Vint alors la promesse maudite connue sous le nom de « la promesse de Balfour », Lord Balfour étant le ministre des affaires étrangères britannique. Ce fut le 2 novembre 1917.

Les troupes alliées entrèrent à Jérusalem en 1917. Il ne s’y trouvait alors aucun juif. En effet, après la conquête de Jérusalem, le calife ‘Omar ibn al-Khattab (t) conclut un pacte avec les chrétiens de Jérusalem. Ces derniers posèrent comme condition de ne pas permettre aux juifs d’habiter Jérusalem à leurs côtés. En arrivant à Jérusalem, le général britannique Alan Bee déclara : « Aujourd’hui, les croisades sont finies ». A Damas, son homologue français, le général Gouraud se présenta devant le tombeau de Saladin et dit après avoir frappé sur le tombeau : « Réveille-toi Saladin ! Nous sommes de retour. Ma présence ici consacre la victoire de la croix sur le croissant ! »

C’est alors qu’une vague d’immigration de juifs en Palestine commença. Des colonies furent installées. Auparavant, Herzl avait fondé un fonds mondial pour l’implantation juive pour l’achat des terres en Palestine. On proposa alors aux palestiniens d’acheter leurs terres. Les prix proposés étaient très attrayants et dépassaient de plusieurs fois, la valeur réelle des terres. Les plus modestes parmi les palestiniens refusèrent de vendre. Mais malheureusement, séduits par les gros chiffres avancés, des riches et des notables, parmi les non-musulmans notamment, finirent par vendre.

A louer ici, la position historique du sultan ‘Abdoul-Hamid II qui refusa et fit échoué la stratégie sioniste qui consistait à faire de la Palestine un Etat juif. Le Sultan refusa toutes les propositions financières et toutes les menaces bien qu’il était conscient que cette position ferme de sa part lui coûterait cher. Il répondit au leader sioniste Herzl : « Je ne pourrais céder ne serait-ce qu’un empan de la terre de Palestine. Elle n’est pas ma propriété mais la propriété de la nation musulmane ». Le sultan donna alors l’ordre d’interdire l’immigration des juifs en Palestine et proposa le projet de l’Université Islamique pour contrer les convoitises chrétiennes et sionistes dans le monde musulman.

Les sionistes formèrent des organisations terroristes afin de semer la terreur pour forcer les palestiniens à quitter leurs terres. Ces organisations ; les premières organisations terroristes de l’histoire moderne ; étaient extrêmement organisées et armées contrairement aux arabes qui étaient dispersés, chaque village étant préoccupé par sa propre défense. Les arabes ne possédaient que peu d’armes. La possession d’armes était formellement interdite pour les arabes. Les britanniques avaient décrété que tout palestinien en possession d’une seule balle était passible de 15 ans de prison.

Les palestiniens résistèrent avec bravoure. ‘Az ad-Din al-Qassam, le responsable des Frères Musulmans en Palestine, ouvra la voie de la résistance en 1935. Il tomba martyre le 20/11/1935. Une autre rébellion vit le jour sous la direction de cheikh  Amin al-Housayni en 1936. La grande grève de 1936 qui mobilisa tous les palestiniens fut une manifestation éclatante d’une volonté de résistance unitaire.

A force de massacres et de terrorisme, Israël réussit à établir son Etat, en massacrant sauvagement et sans pitié femmes, enfants et vieillards à Deir Yassin et en dehors de Deir Yassin. Le massacre de Deir Yassin fut perpétré le 9 avril 1948 par les combattants terroristes de l’Irgoun et du Lehi. Lorsque ces terroristes se saisissaient d’une femme palestinienne enceinte, ils pariaient sur ce qu’elle portait  dans le ventre : un garçon ou une fille ? Ensuite, ils l’éventraient et sortaient le fœtus, tuant ainsi à la fois la maman et l’enfant. Begin (premier ministre d’Israël de 1977 à 1983) assuma complètement ce massacre en disant : « Sans la victoire de Dir Yasin, il n’y aurait pas eu d’état d’Israël ».

Le plus gros mensonge de l’histoire :

Pour justifier la création d’Israël, on se référa aux propos de Herzl : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Sauf que la Palestine n’était pas une terre sans peuple. Un peuple y habitait depuis l’antiquité.

On inventa alors le plus gros mensonge de l’histoire : le droit historique des juifs à la Palestine. Les sionistes dirent : Cette terre nous appartient historiquement. C’est un mensonge ! Mais apparemment, plus le mensonge est gros, plus on y croit facilement.

En effet, les traces archéologiques, les plus anciennes, découvertes en Palestine remontent à des peuples connus sous le nom de « cananéens », « amorites » et « Jébusites ». Il s’agit de tribus arabes antiques qui ont immigré de l’Arabie pour s’installer en Palestine. Ceci fait l’unanimité des historiens d’Orient et d’Occident. D’ailleurs, la Palestine est appelée dans la Bible « terre de Canaan ». Il n’y a aucune mention des juifs pendant cette époque de l’Histoire.

Abraham a immigré en Palestine. Il est entré en Palestine en tant qu’étranger. D’ailleurs lorsque son épouse Sarah décéda, il fut dans l’obligation d’acheter une parcelle de terre pour l’y enterrer.

Ishaq et Ismaïl sont les deux enfants d’Abraham. Ils sont certes nés en Palestine mais ils n’étaient pas originaires de la Palestine. Jacob est le fils d’Ishaq. Joseph est l’un des fils de Jacob. Joseph arriva en Egypte alors qu’il était réduit à l’esclavage. Puis Dieu lui donna le pouvoir et il fut ce ministre puissant d’Egypte. C’est alors qu’il demanda à son père et à sa famille de le rejoindre. Jacob prit alors toute sa famille et s’installa en Egypte sans plus jamais la quitter. Ainsi fut la fin de la présence de Jacob et de sa famille en Palestine. Les enfants de Jacob (desquels se réclament les juifs) ne sont pas restés en Palestine ne serait-ce que le temps d’une seule génération. Comment prétendre alors que la Palestine serait la terre des juifs sous le prétexte que Jacob y habita ?!

Un royaume juif a vu le jour en Palestine en 990 av.jc, mais nous savons que les cananéens et les Jébusites sont les premiers habitants de la Palestine depuis 2600 av.jc. C’est-à-dire qu’ils habitaient la Palestine 1600 ans avant l’arrivée des juifs ! Cela récuse catégoriquement tout droit des juifs à la Palestine et dément formellement leur ancienneté sur cette terre.

Sachant que ce royaume; le royaume de David et de Salomon n’a pas duré plus de 90 ans. Les juifs se dispersèrent par la suite dans le monde.

L’histoire nous révèle donc que la Palestine est aux palestiniens. L’entité sioniste a volé la terre des palestiniens. Israël est, et restera l’agresseur. Les palestiniens, eux, sont les ayants droit historiques de cette terre. Ils se sont faits volés leur terre et la terre de leurs ancêtres. Ils sont, et resteront les victimes, les agressés. Résister est pour eux un droit ; résister est un devoir.

Begin avait dit : « Je combats, donc je suis », et à cheikh Ahmed Yassin de répondre : « Je résiste, donc je suis ».

Moncef Zenati

Cet article a été publié dans Havre de savoir le 15 mai 2015

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